Sin City, T4 : Cet enfant de salaud


Titre : Sin City, T4 : Cet Enfant de Salaud
Scénariste : Frank Miller
Dessinateur : Frank Miller
Parution : Avril 2002 (parution originale : 1996)


Les comics américains n’ont jamais été ma tasse de thé, peut-être à cause d’idées préconçues. Ayant décidé d’élargir ma culture BD hors d’Europe, je me suis tourné naturellement vers Frank Miller (tant par conseil que par moi-même). En effet, Frank Miller a apporté un coup de fouet important dans les années 80 au comics avec sa série sur Dardevil, mais également par « Dark Knight », la série de base des films actuels sur Batman. Enfin, j’avais beaucoup apprécié aussi bien graphiquement que dans son propos le film « Sin City », dont Miller est l’auteur. Il est à noter que ce comics précis a fait parti des comics adaptés dans le film.

Un comics mature.

« Cet enfant de salaud » est le troisième ouvrage de la série « Sin City » que j’ai pu découvrir. Elle met en scène un policier, Hartigan qui part à la retraite dans une heure. Mais un appel arrive au commissariat : Nancy Callahan, onze ans, a été enlevée par le fils du sénateur. Ce dernier prend un plaisir immense à les torturer et à les faire hurler. La ville étant complètement corrompue, Hartigan part seul en chasse du criminel. C’est ensuite toute la machine dirigée par le sénateur qui va s’employer à broyer le policier dont l’intégrité aura été la perte.

L’ambiance noire de Sin City se retrouve dans l’ouvrage. Trahison, corruption, violence… Et au milieu de tout ça, deux belles âmes : Hartigan : 60 ans, écorché, torturé, cynique, et la petite Nancy : 11 ans, prête à tout pour sauver son héros. Le contraste entre ces deux personnes plein de bonnes intentions et le reste de la ville est saisissant. De même, la narration assurée par Hartigan est particulièrement réussie. On retrouve ses moments de désespoir, de rage, mais aussi de cynisme profond. La ville apporte une paranoïa totale à celui qui est traqué (paranoïa souvent justifiée d’ailleurs). Son esprit de sacrifice est total.

Le fait que l’histoire se passe sur huit ans apporte une dimension supplémentaire. Ainsi, Nancy passe de petite fille à jeune femme. Ainsi, Hartigan est vite perturbée par ses avances. L’ambiguïté de leur relation est parfaitement retranscrite de bout en bout. Un lien particulier s’est noué entre eux et constitue un danger pour chacun.

Le dessin particulier de « Sin City » se retrouve ici : un noir et blanc stylisé et contrasté. Ce dessin permet de renforcer le propos, très noir et cynique. Les hommes sont tous des gueules pas possibles entre cicatrices et déformations. En revanche, les femmes sont toujours superbes et dégagent un érotisme certain avec leurs courbes généreuses, leurs lèvres pulpeuses et leurs grands yeux. Quelques touches de jaune sont également visibles à certains moments, caractéristique bien connue de « Sin City » (même si ce n’est pas le cas dans tous les Sin City). Il faut noter que le titre original est « That Yellow Bastard ». D’un coup, l’ajout du jaune prend plus de sens.

La violence de l’ouvrage est extrême et quasiment systématique. Cependant, elle est totalement improbable et ne gêne nullement le lecteur. L’absence de couleur atténuant la présence de sang, aucun dessin n’est vraiment choquant.

« Cet enfant de salaud » est un comics mature dans tous les sens du terme. On retrouve un dessin superbe et une narration maitrisée de bout en bout (la fin faisant résonance avec le début). Mais elle est également mature dans son propos et dans sa violence. Comme il peut être lu indépendamment des autres « Sin City », vous n’avez aucune excuse pour ne pas vous y mettre !

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