
Titre : Le chant du cygne, T1
Scénaristes : Xavier Dorisaon & Emmanuel Herzet
Dessinateur : Cédric Babouche
Parution : Août 2014
J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à m’immerger dans un univers né de la plume de Xavier Dorison. L’ésotérisme de Le Troisième Testament, l’angoisse de Sanctuaire ou le western fantastique de W.E.S.T m’ont permis de vivre des moments de lecture envoûtants. Depuis, je suis donc toujours aux aguets de toute nouvelle parution portant le nom du célèbre scénariste. J’ai donc accueilli avec curiosité l’apparition dans les librairies il y a presque un an du premier tome de Le Chant du Cygne. Cet ouvrage est édité chez Le Lombard dans la collection Signé. Le premier contact visuel est un bonheur. La couverture est splendide. On y découvre un groupe de soldats. Ils apparaissent en quête d’un moment de calme. Les traces de sang sur leurs vêtements témoignent que la guerre n’est pas loin. Les couleurs dans les tons verts font de ce décor forestier un havre de paix improbable. Mis en perspective avec le titre de l’album, cette atmosphère incite fortement à se plonger dans la lecture.
La quatrième de couverture pose les jalons de la trame avec les mots suivants : « Avril 1917. Alors qu’ils reviennent d’une offensive aussi vaine que meurtrière sur le Chemin des Dames, les survivants de la section du lieutenant Katzinski rencontrent un soldat qui leur confie une pétition signée par des milliers de poilus. Il y a là de quoi renverser le gouvernement pour en finir, enfin, avec les boucheries inutiles. Seulement, pour ça, il faut aller à l’Assemblée nationale… Et jusqu’à Paris, le chemin promet d’être long. »
Des poilus en mission.
L’histoire se déroulera sur deux tomes. Ma critique d’aujourd’hui porte donc sur la première partie du diptyque. La seconde est prévue pour la rentrée. Le début nous fait découvrir le quotidien des tranchées. Nous sommes ici en première ligne au côté du sergent Sabiane. Le personnage est imposant : grand comme un homme et demi, le crâne rasé et des moustaches rousses et massives. Il s’agit d’un personnage charismatique qui ne laisse pas indifférent. Un petit peu bourru, il est un chef juste et respecté à la fois par ses hommes set sa hiérarchie. Il est un atout important pour l’intrigue. Le lecteur s’attache immédiatement à ce bonhomme qui occupe l’espace.
Au bout d’une petite quinzaine de pages, un événement va changer la vie de cette bande de soldats comme tant d’autres. Larzac, un des poilus, se voit remettre une pétition qui circule sous le manteau. Elle dénonce certains agissements des gradés. Il s’agit d’une bonne à retardement politique auxquels les dirigeants français ne pourraient survivre. Néanmoins, elle n’a de valeur qu’une fois à Paris. Apparaît donc un dilemme pour la petite communauté. Mener le document à bon port est un acte de solidarité et de bravoure pour leurs pairs mais cet acte sera perçu comme de la traîtrise par les pontes de l’armée française. Que faire ? Etre résistant et héros n’est pas si évident quand la situation se présente. C’est de tout cela que traite cet album.
Les deux derniers tiers de l’ouvrage nous content les pérégrinations dangereuses vécues par le petit groupe. Il va sans dire que leur trajet vers la capitale n’est pas une sinécure. Ils sont en permanence sur le qui-vive. Des décisions compliquées sont à prendre. Aucun ne peut sortir indemne de telles épreuves. La bande se compose de sept membres. Chacun apporte son écot à l’intrigue. Evidemment, tous n’ont pas la même importance. Chacun n’influe pas de la même manière sur les événements. Par contre, aucun n’est négligé ou inutile. Je suis facilement attaché à ce petit monde qui se trouve à gérer une situation qui les dépasse. Pour construire ce scénario dense et captivant, Xavier Dorison s’est associé à son collègue Emmanuel Herzet dont je découvre ici la qualité du travail.
Concernant les illustrations, elles sont le fruit de la plume de Cédric Babouche. De manière évidente, son trait offre une identité graphique forte à l’album. De la couverture à la dernière planche, le talent du dessinateur transpire de chaque planche. Je trouve le travail sur les couleurs splendide. La particularité est de ne marquer quasiment aucune rupture chromatique entre les personnages et les décors. Cette porosité rend parfois certains pages difficiles à lire. Elle nécessite une plus grande attention pour en saisir toute la finesse et tous les aspects. Néanmoins, cela reste un tout petit bémol en comparaison des nombreux atouts générés par le coup de crayon de Babouche.

Pour conclure, cet opus est de grande qualité. Je me suis passionné pour les aventures de ses poilus en mission. L’intrigue est remarquable. Elle enchaîne les événements à rythme effréné et attise en permanence notre attention. L’ensemble reste suffisamment imprévisible pour que nous soyons toujours pressés de connaître la suite. J’attends donc avec impatience que le second tome apparaisse dans les rayons pour découvrir l’issue de ce dangereux périple…
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« Le jardin de minuit » est une histoire d’amitié entre deux enfants, d’où son étiquetage jeunesse. Le personnage principal, Tom, sur qui tout est centré est jeune, mais impétueux. On suit son histoire, qu’il raconte par lettres à son frère Peter. L’adaptation d’Edith se devait de retranscrire les deux ambiances de l’histoire. D’un côté, un quotidien morne, gris et ennuyeux. De l’autre, de beaux jardins victoriens baignés de lumière.

« Le siècle des ombres » conte donc cette bataille durant le dix-huitième siècle. La quatrième de couverture présente les enjeux avec les mots suivants : « 1751. Quelques décennies avant la Révolution française, un vent d’idées nouvelles souffle à travers l’Europe. Un vent de progrès et de liberté… Mais au cœur de ce Siècle des lumières, la découverte d’une étrange météorite à l’autre bout du monde ravive de vieux antagonismes. Au service du cardinal d’Orcières, Cylinia et Abeau de Roquebrune se lancent alors aux trousses du baron d’Holbach, philosophe et encyclopédiste éclairé, qu’ils soupçonnent d’être l’insaisissable Sandor G. Weltman. Cette traque se double d’une lutte acharnée pour la possession de cette pierre aux mystérieux pouvoirs… »

Le cœur du sujet reste cependant le service militaire. Perdus au Maroc, dans une guerre plus ou moins cachée par le gouvernement, les jeunes espagnols se retrouvent démunis en plein désert. Outre les habituels brimades et rapports de force, propres à toutes les armées, c’est ici les problèmes d’alimentation qui sont au cœur du sujet. Mal ravitaillés, les soldats crèvent de faim et toutes les combines sont bonnes pour mieux manger.


Revisiter un mythe, c’est lui apporter quelque chose. Scott Mc Cloud tente de le moderniser en le situant dans le milieu d’art New-Yorkais. De ce milieu, on ne visitera qu’une seule galerie et le MOMA, dont on ne verra pas grand-chose. La réflexion porte avant tout sur le succès plus que sur l’Art en tant que tel. Ainsi la problématique est : le talent brut (sculpter avec maestria) suffit-il ? Quid des idées ? Des coucheries ? Des copinages ? Des critiques ? De la chance ? Si Scott Mc Cloud aborde ses questions, il n’apporte finalement pas grand-chose, même si certaines idées sont pertinentes.

La trame de cette trilogie se construit autour du professeur Paskevitch. Ce scientifique a connu beaucoup de bas auparavant. Il a connu les dures prisons moscovites. L’amélioration de sa situation est due à un marché amoral passé avec l’Impératrice. Il doit travailler sur la matière noire permettant de changer de réalité. Cette recherche a pour objectif d’expédier « ailleurs » les plus grands criminels locaux. Nous suivons donc ici la première expérimentation de condamnation. Elle génère un moment fort de l’histoire.



« Le Troisième Testament… Le livre ultime de la parole de Dieu. Au cœur des légendes médiévales qui entourent ce manuscrit, le nom d’un prophète oublié : Julius de Samarie. Son histoire s’est perdue dans les brumes du temps… jusqu’à aujourd’hui. » Voici les mots que nous pouvons lire sur la quatrième de couverture. Ce prophète occupe une place non négligeable dans la tétralogie initiale. Néanmoins, cette nouvelle aventure peut se lire de manière complètement indépendante. Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi les pérégrinations de Conrad de Marbourg pour profiter pleinement de cette nouvelle histoire. Toute personne attirée par les intrigues mystiques à l’époque de la toute-puissance romaine devrait se laisser charmer par le destin de Julius…
L’intrigue se construit autour du Sar Ha Sarim. Il est perçu par son peuple comme le Messie. Il entame un voyage vers l’Orient pour ouvrir les portes du Royaume des Cieux. Il entame un long périple avec un petit groupe de disciples. Son trajet se clôt à la fin de l’album précédent. Proche du but, il arrête sa quête et décide de revenir sur ses pas en Judée. Il se sert de son aura pour unifier les rebelles et libérer son peuple de l’oppression romaine. Pendant ce temps, Julius, son ami est retourné dans la montagne à la recherche de la révélation…
