Zizi, Chauve-Souris, T1 : Cheveux rester

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Titre : Zizi, Chauve-Souris, T1 : Cheveux rester
Scénariste : Lewis Trondheim
Dessinateur : Guillaume Bianco
Parution : Septembre 2012


Ma dĂ©couverte de « Billy Brouillard » avait menĂ© Guillaume Bianco au panthĂ©on de mes influences. J’étais passĂ© Ă  cĂ´tĂ© de « Zizi, chauve-souris », sĂ©rie dont il parle dans « L’atelier Mastodonte » ! Comme quoi, cet ouvrage collectif sert aussi Ă  faire un peu de publicitĂ© aux auteurs ! De plus, « Zizi » est scĂ©narisĂ© par Lewis Trondheim, dont la rĂ©putation n’est plus Ă  faire. Le tout est (logiquement) publiĂ© chez Dupuis et lorgne vers la jeunesse. Mais qui n’a pas gardĂ© son âme d’enfant ? Continuer la lecture de « Zizi, Chauve-Souris, T1 : Cheveux rester »

Salvatore, INT

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Titre : Salvatore, INT
Dessinateur : Nicolas De Crécy
Scénariste : Nicolas De Crécy
Parution : Septembre 2012


Je me suis rĂ©cemment offert un ouvrage regroupant les quatre premiers tomes de « Salvatore ». Cette sĂ©rie est nĂ©e de l’imagination de Nicolas de CrĂ©cy. Je connaissais cet auteur de nom mais n’avais jamais eu l’occasion de me plonger dans son univers. C’est en lisant une critique Ă©logieuse de l’album Ă©voquĂ© prĂ©cĂ©demment que j’ai dĂ©cidĂ© de franchir le pas. EditĂ© chez Dupuis, « Salvatore » est un opus massif. Ce sont plus de deux cent pages qui sont abritĂ©s par une couverture souple. Cette dernière nous prĂ©sente un curieux animal en salopette. Il erre dans la montagne une photo dans la main. Au second plan, on dĂ©couvre une voiture apparemment en mauvais Ă©tat. Vendu vingt et un euros, ce bouquin est Ă©ditĂ© chez Dupuis. Continuer la lecture de « Salvatore, INT »

Les carnets de Cerise, T1 : Le zoo pétrifié

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Titre : Les carnets de Cerise, T1 : Le zoo pétrifié
Scénariste : Joris Chamblain
Dessinatrice : Aurélie Neyret
Parution : Septembre 2012


« Les carnets de Cerise » s’est imposĂ© avec les annĂ©es comme une des sĂ©ries de bande dessinĂ©es majeures de ces dernières annĂ©es. Les auteurs, Joris Chamblain et AurĂ©lie Neyret, ont su sĂ©duire les petits comme les grands avec leur personnage de Cerise, qui grandit au fil des tomes. « Le zoo pĂ©trifié » est le premier opus, servant de fondation Ă  la sĂ©rie. Était-il dĂ©jĂ  d’une grande qualité ? Le tout est publiĂ© dans l’excellente collection MĂ©tamorphose chez Soleil. Continuer la lecture de « Les carnets de Cerise, T1 : Le zoo pĂ©trifiĂ© »

Lorna, Heaven is here

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Titre : Lorna, Heaven is here
Scénariste : Brüno
Dessinateur : BrĂĽno
Parution : Mai 2012


« Lorna » est un ovni. Ĺ’uvre pleinement assumĂ©e de sĂ©rie Z scĂ©narisĂ©e et dessinĂ©e par BrĂĽno, elle ne laissera personne indiffĂ©rent. Sous-titrĂ© (ironiquement ?) « Heaven is here », ce livre vous permettra de croiser une femme gĂ©ante, une star du porno, des mutants, des scientifiques fous… Inutile d’aller chercher plus loin : c’est un bordel complet et assumĂ©. Le tout est Ă©ditĂ© chez Treize Etrange, qui porte très bien son nom du coup.  Continuer la lecture de « Lorna, Heaven is here »

Daytripper

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Titre : Daytripper
Scénariste : Fabio Moon
Dessinateur : Gabriel Ba
Parution : Avril 2012


« Daytripper » est un ouvrage paru en avril dernier. Il reprend une mini-sĂ©rie datant de 2010 en la regroupant sous la forme d’intĂ©grale. Le bouquin est imposant et de belle facture. Il se compose d’environ deux cent cinquante pages. Le format est un petit peu infĂ©rieur aux albums franco-belges classiques de notre enfance. Ce ravissant objet est Ă©ditĂ© chez Urban Comics dans la collection Vertigo. Son prix avoisine vingt-trois euros. Il est l’œuvre conjointe de Fabio Moon et Gabriel Ba. Je ne les connaissais pas jusqu’alors et Ă©tais curieux de partir Ă  la dĂ©couverte de leur univers. La couverture est très rĂ©ussie. On dĂ©couvre un homme face Ă  nous, assis sur un banc. Il est en train de lire un journal. Des feuilles semblent s’échapper un nuage contenant une machine Ă  Ă©crire et toute une sĂ©rie de lieux sans lien apparent. Cette illustration est intriguant et offre une porte d’entrĂ©e agrĂ©able dans notre lecture. Continuer la lecture de « Daytripper »

La famille Legroin, T1 : Travailler plus pour dépenser plus

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Titre : La famille Legroin, T1 : Travailler plus pour dépenser plus,
Scénariste : Yan Lindingre
Dessinateur : Yan Lindingre
Parution : Janvier 2012


« Travailler plus pour dĂ©penser plus » est un album sorti en janvier dernier. Il est Ă©ditĂ© chez « Desinge & Hugo & Cie ». D’un format classique, il est vendu pour environ douze euros. J’ai Ă©tĂ© attirĂ© vers cet ouvrage par le nom de son auteur, Yan Lindingre. Je l’ai dĂ©couvert Ă  travers « Chez Francisque » ou « Titine au bistrot » qui sont des ouvrages drĂ´les assez uniques dans leur genre. Lindingre ne se donne aucune limite. Certains trouveront cela trop amoral d’autres, comme moi, tout simplement gĂ©nial !  Continuer la lecture de « La famille Legroin, T1 : Travailler plus pour dĂ©penser plus »

Capitaine Capital

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Titre : Capitaine Capital
Scénariste : Yan Lindingre
Dessinateur : Yan Lindingre
Parution : Avril 2012


Ma critique d’aujourd’hui porte sur un ouvrage dont je n’avais remarquĂ© la sortie le seize mai dernier. Il s’agit de « Capitaine Capital ». Cet ouvrage, Ă©ditĂ© chez les Requins Marteaux, semble ĂŞtre un « one shot ». Sa couverture montre le visage d’un marin nous faisant un clin d’œil, le cigare Ă  la bouche. Son fond jaune aurait pu attirer mon regard dans les rayons des librairies. Mais c’est davantage son auteur qui attisĂ© ma curiositĂ©. En effet, j’apprĂ©cie particulièrement Yan Lindingre depuis que j’ai dĂ©couvert « Titine au bistrot ». Sa capacitĂ© Ă  nous faire rire en nous immergeant dans les milieux populaires est un vrai talent. L’album adopte un format comics et se compose d’environ soixante-dix pages. Son prix avoisine quatorze euros.  Continuer la lecture de « Capitaine Capital »

Metronom’, T3 : OpĂ©ration suicide

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Titre : Metronom’, T3 : OpĂ©ration suicide
Scénariste : Éric Corbeyran
Dessinateur : Grun
Parution : Septembre 2012


« Metronom’ » est une série qui avait attisé mon intérêt par le nom de son scénariste. Eric Corbeyran est un auteur que j’apprécie depuis que j’ai découvert « Le chant des stryges », « Le maître de jeu », « Uchronies » ou encore « Pavillon noir ». Il est très productif. Il s’avère donc compliqué de s’offrir l’intégralité de sa bibliographie. Il faut donc faire des choix de temps à autre. « Metronom’ » m’avait attiré par sa thématique. On se trouve au beau milieu d’un récit d’anticipation. Je suis toujours intrigué par ce type d’histoire. Cette saga est toujours en cours d’écriture et se compose actuellement de trois albums. Ma critique porte sur le dernier d’entre eux intitulé « Opération suicide » qui est apparu dans les rayons le dix mars dernier. La couverture nous présente les deux héros menottés sous un ciel étoilé qui nous laisse croire qu’ils se trouvent dans l’espace.

Il est évident que commencer l’histoire par cet opus rend les choses compliquées. Les prérequis sont indispensables dans ce type de scénario. Je me garderai de rentrer trop dans les détails afin que tout le monde puisse se faire une idée du bouquin sans pour autant se voir révéler des choses importantes ou être noyé par un amas trop dense d’informations. La quatrième de couverture présente succinctement l’esprit de la trame : « Dans un avenir proche, au sein d’une société totalitaire qui écrase l’individu au profit de la toute puissance et du mensonge étatiques, une femme mène un combat pour découvrir les raisons de la disparition mystérieuse de son mari parti en mission spatiale… »

Le mur totalitaire semble s’effriter.

La femme en question se prénomme Lynn. Accompagnée d’un journaliste en quête de vérité, elle se trouve sur une navette spatiale à la recherche de son mari. Alors que leur mission est en passe d’être menée à bien, ils se retrouvent arrêtés sur place. On la retrouve donc dans une cellule. Elle vient d’apprendre que son conjoint a succombé à un virus inconnu. Voilà où démarre la narration de ce nouvel acte. Il nous plonge pleinement dans la résistance contre la dictature au pouvoir. Il poursuit l’évolution régulière de la série. Le premier épisode était une présentation du quotidien liberticide de la société. Le deuxième voyait naitre des voix dissonantes dont le rapport de force apparaissait disproportionné. Dans ce nouveau tome, les deux héros rencontrent les rebelles et une organisation qui nous était jusqu’alors inconnue. On voit donc naitre un espoir. Les préparatifs d’un grand jour semblent se mettre en place. Sur ce plan-là, l’atmosphère de la lecture diffère quelque peu de celle des actes précédents. Le mur totalitaire semble s’effriter.

Néanmoins, la narration n’est pas non plus totalement positive et sans accroc. Lynn subit de nouvelles épreuves qui alimentent l’empathie qu’on ressent à son égard. De même, le personnage du journaliste consolide l’attrait qui génère. Son rôle est important tant pour l’avancée de la trame que pour notre curiosité primaire pour les protagonistes. Parallèlement, certains personnages secondaires prennent une ampleur certaine. Par leurs actes, ils quittent l’ombre et voient naitre un rôle important quant à l’issue de l’histoire. Les différents personnages prennent une épaisseur qui n’était pas aussi poussée jusqu’alors. Néanmoins, tout cela n’empêche pas le sentiment que l’intrigue est un petit peu diluée. Une fois l’ouvrage terminé, j’ai eu le sentiment que le rythme aurait pu être plus soutenu. Le scénario nous offre des bribes d’évolution et de changement sans pour autant lancer réellement la machine. On peut donc supposer que le prochain tome se montrera plus dense et intense du fait que les jalons auront été posés dans « Opération suicide ».

Cette série a été l’occasion pour moi de découvrir un nouveau dessinateur. Il se nomme Grun. Son style accompagne parfaitement le propos qui alimente la lecture. Le trait est précis. Que ce soit les personnages ou les décors, rien n’est pas bâclé. Le ton est classique est conviendra à un public large. Les personnages possèdent chacun leur identité graphique malgré des expressions relativement mesurées. Je trouve que le travail de Grun est sérieux. Il met en valeur la narration à défaut de la transcender. L’identité chromatique est par contre évidente. Toutes les planches se construisent majoritaire autour des teintes de bleus et de marrons. Cela rend originale les pages et participe à l’empreinte de la série.

En conclusion, « Opération suicide » est un ouvrage sérieux et de qualité. Il est dans la lignée des deux précédents. Les trois actes forment une entité unique et se lisent à la suite l’un de l’autre sans effort. Néanmoins, « Metronom’ » reste un récit d’anticipation classique et qui contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là ne révolutionnera pas le genre. Malgré tout, on a à faire à une saga construite avec application qui se découvre avec plaisir. Ce n’est déjà pas si mal. Il reste donc à attendre la parution du quatrième tome pour en savoir davantage. Mais cela est une autre histoire…

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note3

L’enfant cachĂ©e

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Titre : L’enfant cachĂ©e
Scénariste : Loïc Dauvillier
Dessinateur : Marc Lizano
Parution : Janvier 2012

Relater l’occupation française n’est pas un sujet évident. Beaucoup traité, il est dans « L’enfant cachée » abordé du point de vue d’une enfant, Dounia. Cette dernière, grand-mère, raconte à sa petite-fille cette période de sa vie, sous forme de devoir de mémoire. Le tout est paru au Lombard.

Tout commence par l’occupation. Dounia sait que la France a perdu, mais elle s’en moque : la guerre est terminée et son père est rentré vivant, c’est le principal pour elle. Hélas, la petite juive va vite déchanter. Les mesures contre les siens vont se multiplier, provoquant l’incompréhension totale de Dounia.

L’occupation vue par une enfant juive.

LEnfantCachee2L’originalité de « L’enfant cachée » est de tout raconter du point de vue de l’enfant. Ainsi, Dounia subit comme les juifs les mesures de coercition, mais également les choix de ses parents, sans jamais saisir réellement ce qui se passe. Cet aspect est très réussi, renforcé par une narration volontairement naïve, sans analyse autre que factuel ou enfantine. L’injustice paraît d’autant plus forte que Dounia nous est forcément très sympathique, petite fille innocente et joyeuse en début de livre.

La narration prend le temps de traiter tous les sujets : la mise de côté à l’école, l’étoile juive, la perte des parents, la fuite de Paris… La gradation dans les difficultés est bien mise en scène. Ainsi, Dounia n’est pas forcément très affectée au départ en tant qu’enfant. Aussi bien rester chez elle ne la dérange pas, mais être mise de côté à l’école est très difficile.

Le propos est renforcé par un dessin parfaitement adapté réalisé par Marc Lizano. Son trait typé jeunesse, fait de personnages aux grosses têtes, ancre d’autant plus l’histoire vers un point de vue d’enfant. Le tout est enrichi par une colorisation tout aussi réussie. On retrouve un belle synergie dans cet album, une vraie cohérence entre le texte et l’image.

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« L’enfant cachée » remplit parfaitement son rôle de devoir de mémoire. En adoptant le point de vue d’un enfant et en ne montrant et n’expliquant que ce que Dounia peut comprendre, les auteurs produisent un album jeunesse d’une grande qualité, qui peut être lu et apprécié par tout le monde. Forcément touchant, « L’enfant cachée » est une œuvre d’une grande justesse et d’une vraie délicatesse.

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note4

Le banc de touche

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Titre : Le banc de touche
Scénariste : Martin Page
Dessinateur : Clément C. Fabre
Parution : Juillet 2012


Quand je vais à un festival de BD, je prends toujours le temps de m’arrêter au stand Vraoum/Warum. Cette jeune maison d’édition propose des livres de qualité et regroupe des auteurs que j’apprécie. J’ai pu ainsi acquérir « Le banc de touche », une bande-dessinée scénarisée par Martin Page et dessinée par Clément C. Fabre. J’ai été attiré avant tout par le dessin de Clément Fabre, que je connaissais par son blog. La lecture de quelques pages m’a convaincu d’acheter l’ouvrage (avec la belle dédicace qui va avec).

Le pitch n’est pas des plus réjouissants : Louis, Charlotte et Darius sont trois adolescents/jeunes adultes dépressifs. Ils passent leur temps à broyer du noir et ils transpirent la désillusion par tous les pores de leur peau. Le tout est organise en strips, majoritairement de quatre cases. Ponctuellement, une planche ou une illustration viennent s’immiscer entre les strips, amenant une mécanique légèrement différente.

Mais pourquoi tant de désespoir ?

C’est donc de l’humour noir qui nous est servi ici. Et honnêtement, si ça ne va pas trop dans votre vie, je ne suis pas sûr que la lecture de cet ouvrage soit avisée. Car en dehors des jeux de mots sur la mort et des remarques morbides, c’est une vraie désillusion sur la vie et les rapports humains qui est mise en lumière. Louis passe son temps à se faire larguer. Il passe plus de temps en chagrin d’amour qu’en couple, se demandant si tout cela vaut le coup. L’humour cynique et désespéré de l’ouvrage fait mouche heureusement et les trouvailles sont nombreuses. Alors que l’on pourrait croire que ces adulescents désespérés tourneraient en rond, les auteurs parviennent à nous surprendre jusqu’au bout. Il y a quand même dans cette désillusion un petit côté « Peanuts ».

L’ouvrage est bien rythmé, alternant strips et illustrations et variant les situations. On regrettera juste que le postulat de départ, trois jeunes gens désespérés, reste un peu inexpliqué. A la fermeture de l’ouvrage, on ne peut s’empêcher de se demander « mais pourquoi tant de désespoir ?! » 

Le tout est servi par le dessin de Clément Fabre. Son trait est simple et reconnaissable. Bien que souvent il ne se passe pas grand-chose, il parvient à varier les situations pour que le lecteur n’ait pas l’impression de revoir sans cesse la même scène. Quand il possède un peu plus d’espace pour s’exprimer, il montre toute l’étendue de son talent. Sans jamais être tape-à-œil, son dessin est efficace et parfaitement mis en valeur par des couleurs à l’aquarelle magnifiques. Je suis très fan du graphisme de Fabre, à la fois simple et maîtrisé parfaitement.

Au final, j’ai vraiment été séduit par cet ouvrage. L’humour noir m’a parlé et un véritable univers se dégage des discussions des trois personnages. Le graphisme est à la hauteur et renforce d’autant plus les textes. Une belle découverte qui ne me donne qu’une envie : continuer à suivre ces deux auteurs dans leurs prochains ouvrages.

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note4