Faut pas prendre les cons pour des gens, T3


Titre : Faut pas prendre les cons pour des gens, T3
Scénaristes : Nicolas Rouhaud, Emmanuel Reuzé, Vincent Haudiquet & Jorge Bernstein
Dessinateur : Emmanuel Reuzé
Parution : Novembre 2021


Beau succès de librairie, « Faut pas prendre les cons pour des gens » surfe sur la tendance des ouvrages à humour absurde qui pullulent sur les étals des librairies. Doté d’un vrai dessin (contrairement à beaucoup de ses acolytes), ses gags décalés et réussis avait permis à cette série de se démarquer. Sans surprise, voilà donc le troisième tome qui sort en trois ans. Le tout est publié chez Audie, soit Fluide Glacial.

Une série qui s’essouffle

Si Emmanuel Reuzé s’occupe du dessin, il est aidé au scénario par Rouhaud, comme pour les précédents tomes, mais également par Bernstein & Haudiquet. Ça fait du monde ! Hélas, ça n’est pas forcément un gage de qualité. Si on retrouve sans peine l’humour de la série avec ses situations décalées (la grève des SDF, les entreprises d’abandon d’animaux, le air shopping…), l’ensemble paraît plus forcé qu’auparavant. Peut-être que le concept s’étiole un peu au bout de tant de gags.

Un des points forts de « Faut pas prendre les cons pour des gens » était cette capacité de prendre une situation et de la pousser jusqu’au bout. Ainsi, au fil des pages, on retrouvait des allusions aux pages précédents. C’est moins vrai ici et, surtout, cela fonctionne moins. Ainsi, l’ouvrage garde un côté sympathique, on sourit à certains gags, mais sans être autant surpris qu’auparavant. Surtout, quelques gags donnent une impression de redite (comme le gigot intelligent).

Malgré tout, « Faut pas prendre les cons pour des gens » trouve sa force dans son détournement de notre société. Alors que les situations sont surréalistes, elles restent si proches de la vie réelle qu’elle font mouche.

Au niveau du dessin, rien de nouveau. Le dessin réaliste de Reuzé, aux choix de couleur osés donne une impression de folie douce parfaitement adapté au propos. Le côté copier-coller, présent, n’enlève rien au dessin, riche en détails.

Petite déception pour ce troisième tome. Certes, l’ouvrage reste drôle et garde en substance ses qualités, mais l’ensemble est moins réussi, moins percutant et certaines situations paraissent plus forcées qu’auparavant. Est-ce que cela vient de la multiplication des scénaristes ou d’un rythme de parution trop serré ? L’avenir nous le dira.

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