Spinning


Titre : Spinning
Scénariste : Tillie Walden
Dessinatrice : Tillie Walden
Parution : Novembre 2017


Depuis l’avènement du roman graphique et de l’autobiographie, ce genre d’ouvrages a pullulé tant en France qu’aux Etats-Unis. De qualité très diverses, ils présentent des paginations qui, parfois, dépassent l’entendement. C’est le cas de « Spinning » de Tillie Walden, un livre sur son adolescence qui pèse pas moins de 400 pages, publié chez Gallimard bande-dessinée. Avec 845 g à avaler, on ne peut qu’espérer que cela soit digeste.

400 pages de lamentations

Tillie fait du patinage artistique et du patinage synchronisé. Le premier se fait seule, le deuxième par équipe. Cela lui prend beaucoup de son temps et l’oblige à se lever tous les matins à 4 heures du matin. Une routine qu’elle va vivre pendant son enfance jusqu’à ses 17 ans.

Si le roman graphique est lié au patinage artistique, il aborde d’autres sujets tous liés à l’adolescence. Le choix temporel de l’auteure est d’ailleurs assez clair sur ce point. On y découvre les problèmes de harcèlement, de coming-out (le personnage étant homosexuelle), de rapport au corps. On y découvre une jeune fille introvertie, qui s’enferme dans son silence et reste passive face aux difficultés qu’elle rencontre. Il est alors difficile de critiquer le personnage, puisqu’il s’agit d’une autobiographie, mais cette passivité rend la lecture particulièrement laborieuse. En affrontant jamais ses problèmes, mais en les taisant, il ne se passe finalement pas grand-chose pendant ces 400 pages. On aurait aimé alors plus d’introspection, d’inventivité graphique pour pousser plus loin l’analyse et le recul qu’aurait l’auteure sur ces années-là.

Ainsi, la petite Tillie ne supporte plus que difficilement le patinage, mais ne l’arrête pas alors que ses parents ne semblent pas du tout s’intéresser à ce qu’elle y fait. Il paraît très surprenant qu’elle n’ose pas leur en parler. Mais on retrouvera les mêmes soucis avec ses problèmes de harcèlement par exemple. Dans sa narration chronologique, l’auteure mélange ainsi les rencontres et les sujets. On a finalement du mal à se passionner pour la vie de la jeune fille, monotone. Sur 400 pages, c’est rude. Je retrouve vraiment l’écueil de « Blankets » de Craig Thomson qui durait des plombes pour raconter une histoire finalement pas si intéressante que cela. J’ai retrouvé la même chose avec « Spinning ». Même la découverte du monde du patinage artistique laisse sur notre faim. Le rapport au corps féminin est à peine abordé en fin d’ouvrage, alors qu’il paraît prépondérant, dans le sport déjà, mais en particulier dans celui-ci.

Le dessin de Tillie Walden est doux et adapté à l’ouvrage. Il accompagne parfaitement le propos dépressif du personnage. J’ai eu quelques fois de la peine à distinguer certains personnages. C’est très typé roman graphique américain, avec sa grosse dose de blanc dans les planches.

« Spinning » m’a laissé sur le bord du chemin. J’entrevois sans peine ce qui me plaire, mais j’ai vite trouvé ces 400 pages interminables quand j’ai compris que le récit n’irait jamais plus loin que le simple fait de relater les faits. Une introspection plus intéressante ou de l’inventivité graphique aurait peut-être pu me faire entrer davantage dans l’ouvrage.

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