De cape et de crocs, T6 : Luna incognita – Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

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Titre : De cape et de crocs, T6 : Luna incognita
Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou
Parution : Avril 2004


« Luna Incognita » est le sixiĂšme tome de « De Cape et crocs ». A l’image des opus prĂ©cĂ©dents, cet ouvrage est Ă©ditĂ© chez « Delcourt » dans la collection « Terres de LĂ©gendes ». ComposĂ© d’une grosse quarantaine de pages et paru il y a huit ans, cet ouvrage a prix proche de quatorze euros. Comme d’habitude, il est scĂ©narisĂ© par Alain Ayroles et dessinĂ© par Jean-Luc Masbou. La couverture nous prĂ©sente nos hĂ©ros dans une nuit lunaire Ă  en croire le clair de Terre qui illumine le ciel


La quatriĂšme de couverture nous prĂ©sente le rĂ©sumĂ© suivant : « Messieurs de Maupertuis et Villalobos, en font galante et plaisante compagnie, voguent hardiment vers la Lune Ă  bord d’un astronef de fortune. Que dĂ©couvriront-ils sur cette planĂšte inconnue ? Des gĂ©ants, des citĂ©s qui se meuvent comme dans le roman de Monsieur de Bergerac ? Des trĂ©sors Ă  coup sĂ»r, puisque lĂ -haut, l’or pousse sur les arbres ! Mais cet or suscite bien des convoitises : dans le sillage de nos gentilshommes, un inquiĂ©tant vaisseau cingle Ă  son tour l’astre lunaire
 »

decapeetdecrocs6aCet opus marque le dĂ©but d’un nouveau cycle. En effet, nos hĂ©ros partent maintenant dans l’inconnu sur la Lune. On se retrouve donc plongĂ© dans une Ă©popĂ©e dont la dimension fantastique prend de l’épaisseur. VoilĂ  un attrait certain qui redonne un souffle Ă  une saga qui n’en manquait dĂ©jĂ  pas ! On est donc curieux de connaitre ce nouveau monde. Cherche-t-il Ă  ĂȘtre « rĂ©aliste » et « cohĂ©rent » ou au contraire se montre-t-il fĂ©Ă©rique et Ă©pique ? « Luna Incognita » allait nous poser les premiers jalons de la rĂ©ponse. ParallĂšlement, le fait de retrouver tous les protagonistes regroupĂ©s sur ce nouveau « terrain de jeu » ouvrait l’appĂ©tit Ă  l’égard de leurs aventures Ă  venir.

Comme dit prĂ©cĂ©demment, l’attrait principal de cet ouvrage est de nous faire dĂ©couvrir la vie sur la Lune. On est loin de croiser des petits hommes verts. Au contraire, les SĂ©lĂ©nites ressemblent aux Terriens. Evidemment certains dĂ©tails surprennent et marquent une diffĂ©rence avec la vie extra-lunaire. Mais les grandes lignes sociĂ©tales sont proches de la monarchie que nos hĂ©ros ont quittĂ©e. MalgrĂ© tout, les diffĂ©rences que je vous laisserai dĂ©couvrir suffisent Ă  gĂ©nĂ©rer un rĂ©el dĂ©paysement qui ravira le lecteur. MalgrĂ© les ressemblances entre les deux univers, Ă  aucun mot on a le sentiment de se trouver sur Terre. Notre prĂ©sence sur la Lune nous apparaĂźt toujours Ă©vidente au grĂ© des surprises qui agrĂ©mentent le parcours des personnages.

Le dĂ©but d’une nouvelle trame.

Au-delĂ  de la dimension dĂ©coulant de cette dĂ©couverte touristique, « Luna Incognita » marque le dĂ©but d’une nouvelle trame. En effet, les cinq premiers tomes avaient Ă©tĂ© centrĂ©s sur la quĂȘte du trĂ©sor des Ăźles Tangerines. Maintenant qu’on sait que cette mission ne pouvait rĂ©ussir du fait de la non-existence de decapeetdecrocs6bl’objet cherchĂ©. En arrivant sur la Lune, on dĂ©couvre un conflit politique Ă  grande Ă©chelle opposant le roi local Ă  son frĂšre. Nos hĂ©ros choisissent rapidement leur cas du fait de leur premier rencontre avec le frĂšre dans les Ă©pisodes prĂ©cĂ©dents. Pour rendre la victoire possible, il faut retrouver le maĂźtre d’armes. IntriguĂ© par ce curieux et lĂ©gendaire personnage, nos deux amis prĂ©fĂ©rĂ©s dĂ©cident de se charger de sa recherche. ParallĂšlement, on voit chacun des protagonistes, bons comme mĂ©chants, chercher Ă  trouver sa place dans ce nouveau monde. Chacun n’est pas Ă©videmment pas habitĂ© de louables volontĂ©s.

Les dessins de Masbou accompagnent parfaitement la narration. Son trait n’a aucun mal Ă  nous immerger dans ces nouveaux paysages. La rupture graphique avec les dĂ©cors terriens n’est pas radicale. C’est logique car le scĂ©nario ne le souhaite pas. On dĂ©couvre peu de nouveaux personnages. NĂ©anmoins Masbou n’a aucun mal Ă  donner vie aux quelques rencontres qui croisent la rue de nos amis. Sur le plan chromatique, il n’y a pas de rĂ©volution non plus. Le dessinateur arrive Ă  garder une constance graphique qui donne une rĂ©elle identitĂ© Ă  cette grande saga du neuviĂšme art.

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En conclusion, cet album est une nouvelle rĂ©ussite et nous voit partir en quĂȘte sur l’astre lunaire avec un enthousiasme certain. Ayroles et Masbou arrive Ă  construire une sĂ©rie qui ne souffre d’aucun temps mort et d’aucune faiblesse. C’est une chose trĂšs rare dans ces grandes aventures au long cours qui s’étalent sur un nombre important de tomes. « De Cape et de crocs » rĂ©ussit ce tour de force et il faut le signaler. Je ne doute pas que l’opus suivant intitulĂ© « Chasseurs de chimĂšre » devrait poursuivre cette rĂ©ussite. Mais cela est une autre histoire


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Note : 16/20

De cape et de crocs, T5 : Jean sans lune – Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

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Titre : De cape et de crocs, T5 : Jean sans lune
Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou
Parution : Septembre 2002


« Jean sans lune » est le cinquiĂšme opus de « De Cape et de Crocs ». Sa parution date d’une dizaine d’annĂ©es maintenant chez les Ă©ditions Delcourt. Il appartient Ă  la collection « Terres de LĂ©gende », se compose d’une grosse quarantaine de pages et a un prix proche de quatorze euros. Comme pour les autres tomes de la sĂ©rie, il est le fruit de la collaboration d’Alain Ayroles et de Jean-Luc Masbou. Le premier se charge du scĂ©nario et le second des dessins. La couverture possĂšde une dimension fĂ©Ă©rique. On dĂ©couvre messire Maupertuis en train de voler avec l’élue de son cƓur au beau milieu d’une belle nuit Ă©toilĂ©e Ă©clairĂ©e par la lune. La surprise rĂ©side dans la prĂ©sence Ă©galement d’un navire dans cet endroit peu appropriĂ© pour lui. Mais je compte sur ma lecture pour apporter une explication Ă  ses Ă©vĂ©nements peu orthodoxes


decapeetdecrocs5bLa quatriĂšme de couverture nous offre une prĂ©sentation succincte de ce cinquiĂšme acte : « OĂč l’on verra Messieurs de Maupertuis et Villalobos percer enfin le secret des Ăźles Tangerines et de leurs hĂŽtes mystĂ©rieux, affronter le lunatique prince Jean, Ă©laborer d’improbables machines, retrouver l’ombrageux RaĂŻs Kader, l’infĂąme Mendoza, le fourbe Cenile, la belle SĂ©lĂ©nĂ© et le fougueux EusĂšbe, avant d’embarquer pour un fabuleux voyage
 »

Pour ceux qui ont lu mes critiques sur les quatre premiers tomes, vous savez que je suis un grand fan de cette sĂ©rie. Je lui trouve toutes les qualitĂ©s. Une des plus importantes est de voir que chaque Ă©pisode s’avĂšre passionnant et que rien n’a Ă©tĂ© nĂ©gligĂ© malgrĂ© la parution rĂ©guliĂšre des diffĂ©rents albums. J’étais donc confiant en dĂ©couvrant « Jean sans lune ». Ma curiositĂ© Ă©tait plutĂŽt forte Ă  l’idĂ©e de me plonger de ma lecture. En effet, l’acte prĂ©cĂ©dent avait vu apparaitre de curieux habitants sur les Ăźles Tangerines qui prĂ©sentaient ainsi une version bien originale du trĂ©sor tant recherchĂ© par les protagonistes. Ce nouvel ouvrage devait donc finaliser de clarifier la situation et de nous remettre les idĂ©es en place quant Ă  ces curieuses nouvelles rencontres.

Un tome de transition.

 « Jean sans lune » s’avĂšre ĂȘtre un tome de transition. Je tiens Ă  prĂ©ciser qu’il ne faut rien y voir de pĂ©joratif. En effet, cet album clĂŽt la quĂȘte des Ăźles Tangerines et de leur secret. ParallĂšlement, il sert d’introduction vers un voyage d’une toute autre ampleur. C’est en ce sens qu’il joue le rĂŽle de liant entre ces deux quĂȘtes. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne passe rien et que l’heure est au farniente sur le plan scĂ©naristique. Ayroles est plein d’idĂ©es et fait en sorte que l’histoire ne souffre d’aucun temps mort. NĂ©anmoins, on ne retrouve pas autant de pics d’intensitĂ© que dans les autres Ă©pisodes. Ce n’est pas bien grave. On a le sentiment de vivre le calme qui prĂ©cĂšde une tempĂȘte d’une grande ampleur.

decapeetdecrocs5cLes premiĂšres pages de l’album nous prĂ©sentent les « habitants » des Ăźles Tangerines. Ils sont des habitants de la Lune ayant Ă©tĂ© banni de leur planĂšte. Ils avaient besoin d’une pierre de lune pour rentrer chez eux. Pour l’obtenir, ils dĂ©cidaient de dissĂ©miner Ă  travers le monde des fausses cartes au trĂ©sor dont la seule requĂȘte Ă©tait de venir accompagnĂ© du prĂ©cieux bijou. C’est ainsi que nos amis permettront Ă  l’insu de leur plein grĂ© Ă  ces sĂ©lĂ©nites de rentrer chez eux. Mais cette aventure ne s’arrĂȘte pas lĂ . Nos hĂ©ros voient dans ce merveilleux voyage l’occasion de vivre une Ă©popĂ©e lĂ©gendaire. C’est cet objectif dont on suit l’avancĂ©e tout au long de cet ouvrage au rythme de la conception de leur nouveau vaisseau.

Une des forces de cet album est de, malgrĂ© l’unitĂ© de lieu quasi permanente, parvenir Ă  ne jamais tomber dans le creux ou l’ennui. La richesse des dialogues et la profondeur des personnages permettent cette performance narrative. On est curieux de suivre les rĂ©flexions de Bombastus, ce gĂ©nial inventeur. De plus, l’auteur arrive faire exister les nombreux membres de ce remarquable casting. Il arrive mĂȘme Ă  tous les regrouper au moment oĂč se clĂŽt cet ouvrage. Ce choix confirme que « Jean sans lune » est la fin de la premiĂšre Ă©tape de cette grande saga.

Les dessins de Masbou sont une nouvelle fois parfaitement adaptĂ© Ă  l’esprit de la sĂ©rie. Que ce soit les scĂšnes nocturnes ou le quotidien sur une Ăźle paradisiaque, le dessinateur arrive Ă  donner vie Ă  tous les dĂ©cors. De plus, sa capacitĂ© Ă  faire exister chaque protagoniste physiquement et par ses expressions est indispensable au plaisir gĂ©nĂ©rĂ© par cette lecture. Les couleurs souvent pastelles agrĂ©mentent l’ensemble avec une subtilitĂ© agrĂ©able.

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En conclusion, « Jean sans lune » confirme le talent qui se dĂ©gage de chacune des pages de « De Cape et de crocs ». La richesse du scĂ©nario et des dialogues sont particuliĂšrement bien mis en forme par le trait de Masbou. Son absence d’intensitĂ© du fait de l’histoire ne pĂ©nalise absolument pas la qualitĂ© de la lecture. Il ne me reste donc plus qu’à me plonger au plus vite dans le prochain opus intitulĂ© « Luna Incognita ». Il marque le dĂ©but d’un voyage vers l’inconnu qui devrait ĂȘtre du condensĂ© de bonheur pour chaque lecture. Mais cela est une autre histoire
 

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Note : 15/20

De cape et de crocs, T4 – Le mystĂšre de l’Ăźle Ă©trange – Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

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Titre : De cape et de crocs, T4 : Le mystĂšre de l’Ăźle Ă©trange
Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou
Parution : Mai 2000


« Le mystĂšre de l’üle Ă©trange » est le quatriĂšme tome de « De Cape et de Crocs ». Cette sĂ©rie est Ă©ditĂ©e chez Delcourt dans la collection « Terres de LĂ©gendes ». Le prix de chacun de ses albums est environ quatorze euros. Cette saga est l’Ɠuvre conjointe d’Alain Ayroles et de Jean-Luc Masbou. Le premier se charge du scĂ©nario et le second des dessins. Les trois premiers avis sont Ă  mes yeux autant de petits bijoux du neuviĂšme art. C’était donc avec appĂ©tit que je m’apprĂȘtais Ă  dĂ©vorer cette suite des aventures de nos hĂ©ros. La couverture nous plonge dans un dĂ©cor verdĂątre dans lequel semblent rĂ©gner des Ă©paves de navire et des crabes massifs. On y dĂ©couvre Ă©galement notre duo chevaleresque sabre Ă  la main. Ils sont accompagnĂ©s du curieux scientifique qu’on avait rencontrĂ© lors de l’épisode prĂ©cĂ©dent.

decapeetdecrocs4aLa quatriĂšme de couverture nous prĂ©sente le rĂ©sumĂ© suivant : « Les anthropophages qui hantent les forĂȘts des Ăźles Tangerines tremblent Ă  la seule Ă©vocation du volcan sacrĂ© dont les flancs abritent, dit-on, un fabuleux trĂ©sor. Faisant fi des admonitions indigĂšnes, Messieurs Maupertuis et Villalobos s’aventureront pourtant Ă  travers une lagune infestĂ©e de monstres, dans les trĂ©fonds de ce cratĂšre, qui s’avĂšrera fort riche en coups de thĂ©Ăątre
 »

Un des qualitĂ©s de cette sĂ©rie est que chaque album possĂšde une identitĂ© scĂ©naristique propre. Le premier correspondait Ă  la prĂ©sentation des personnages et Ă  la mise en place de l’intrigue. Le deuxiĂšme nous plongeait au beau milieu de l’ocĂ©an Ă  la rencontre des pirates. Le troisiĂšme nous Ă©chouait sur une Ăźle dĂ©serte. Enfin, « Le mystĂšre de l’üle Ă©trange » se construit autour des secrets qui alimentent ce fameux volcan aux locataires assez improbables. MalgrĂ© cette dissociation propre Ă  chaque Ă©pisode, la saga ne perd jamais de vue son fil conducteur et possĂšde une identitĂ© propre Ă  l’ensemble. Le travail des auteurs est sur ce point-lĂ  remarquable.

Aucun temps mort. Une réelle intensité.

L’album qui est le sujet de ma critique aujourd’hui dĂ©marre avec deux hĂ©ros dans une marmite en passe d’ĂȘtre dĂ©gustĂ© par des cannibales. Rapidement, la situation s’amĂ©liore et nos deux aventuriers se rendent compte que les habitants de l’üle ne sont pas anthropophages et se rĂ©vĂšlent particuliĂšrement lettrĂ©s. Cela leur permet d’en apprendre Ă©normĂ©ment sur l’üle qui les abrite. Leur quĂȘte du trĂ©sor les mĂšne vers l’intĂ©rieur d’un volcan. Leur immersion dans cette terre inconnue a une dimension presque lunaire. Cela vient de l’atmosphĂšre qui se dĂ©gage de ce cimetiĂšre de navires habitĂ©s par des crustacĂ©s gĂ©ants. Notre curiositĂ© est pleinement sollicitĂ©e. Cette Ă©popĂ©e ne souffre d’aucun temps mort et est habitĂ©e par une rĂ©elle intensitĂ©.

decapeetdecrocs4cL’attrait de la lecture augmente quand on se dĂ©couvre l’entrĂ©e d’une espĂšce de temple taillĂ© dans la roche. On y retrouve nos chers pirates et leurs prisonniers. Mais surtout, on s’interroge sur la communautĂ© qui habite ce lieu curieux. Je ne vais pas vous en rĂ©vĂ©ler davantage les concernant. Il est sĂ»r qu’on est intriguĂ© par ces personnes dont on ne connait rien et qui semblent obĂ©ir Ă  des codes diffĂ©rents de ceux qu’on connait. Cela nous offre un troisiĂšme tiers d’album pleins de surprises et de questions qui se clĂŽt par une rĂ©vĂ©lation dans la derniĂšre page qui nous donne envie de courir lire le tome suivant.

Le trait de Masbou accompagne parfaitement cette aventure. Les dĂ©cors varient Ă©normĂ©ment tout au long de l’album. On passe d’un village indigĂšne Ă  un volcan mystĂ©rieux puis on erre dans un temple de pierre aux mobiliers curieux. Chacune de ses Ă©tapes est savamment construite sur le plan graphique. On s’immerge parfaitement dans les pas de nos hĂ©ros. On les retrouve d’ailleurs avec plaisir  tous autant qu’ils sont. Une nouvelle fois, le dessinateur arrive Ă  gĂ©nĂ©rer chez ses personnages des expressions variĂ©es qui nous les rend attachants. Cela participe activement Ă  la bonne humeur que dĂ©gage la lecture de cet album.

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En conclusion, « Le mystĂšre de l’üle Ă©trange » est une nouvelle rĂ©ussite. A chaque nouvel Ă©pisode, « De Cape et de crocs » confirme qu’elle est une des meilleures sĂ©ries que le neuviĂšme art ait connue ces dix derniĂšres annĂ©es. Le travail des auteurs est remarquable de prĂ©cision et d’originalitĂ©. Les textes sont bons, le suspense est prĂ©sent, il y a de l’action et de l’émotion. Bref, tous les ingrĂ©dients sont lĂ  et ils sont habilement cuisinĂ©s. Je ne peux que vous conseiller de partir Ă  sa rencontre. De mon cĂŽtĂ©, je vais me plonger dans le tome suivant intitulĂ© « Jean sans Lune ». Mais cela est une autre histoire
  

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Note : 17/20

De cape et de crocs, T3 : L’archipel du danger – Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

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Titre : De cape et de crocs, T3 : L’archipel du danger
Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou
Parution : Septembre 1998


« L’archipel du danger » est le troisiĂšme tome de la cĂ©lĂšbre saga « De Cape et de Crocs ». EditĂ©e chez Delcourt, dans la collection « Terres de LĂ©gendes », cette sĂ©rie s’est close cette annĂ©e avec la parution de son dixiĂšme opus. Cet Ă©vĂ©nement m’a donnĂ© envie de me plonger une nouvelle fois dans cette grande aventure. Ma critique d’aujourd’hui porte donc sur un des premiers albums de l’histoire. Il est scĂ©narisĂ© par Alain Ayroles et dessinĂ© par Jean-Luc Masbou. Sa parution date de presque quinze ans. La couverture du bouquin nous prĂ©sente les quatre hĂ©ros Ă  barre d’un navire. On y dĂ©couvre notre un renard gentilhomme, un loup hidalgo, une ravissante gitane et un sympathique lapin. Tout un programme qu’il faut dĂ©couvrir au plus vite en se plongeant dans notre lecture


decapeetdecrocs3aLa quatriĂšme de couverture nous prĂ©sente le rĂ©sumĂ© suivant : « Acte III. OĂč l’on verra nos hĂ©ros voguer Ă  bord du Hollandais Volant vers les Ăźles Tangerines et leur trĂ©sor, s’emparer d’un navire pirate, dĂ©livrer une belle captive, essuyer une tempĂȘte, subir l’ire d’un monstre marin, faire naufrage, explorer une Ăźle Ă©trange, assister Ă  un exposĂ©, participer Ă  une expĂ©rience et affronter de fĂ©roces cannibales. »

Les deux premiers tomes sont de petits chefs d’Ɠuvre. Le premier nous faisait dĂ©couvrir les personnages et l’intrigue. On dĂ©marrait sur les chapeaux de roue. On Ă©tait tout de suite conquis par la densitĂ© de l’histoire et par la dimension chevaleresque de ses hĂ©ros. Par la suite, on se retrouver sur la mer sur de grands navires en quĂȘte d’un trĂ©sor. Cela permettait aux pirates d’apparaitre et de gĂ©nĂ©rer un nouveau centre d’intĂ©rĂȘt dans une trame qui n’en manquait pas. « L’archipel du danger » utilise un autre aspect des grandes aventures classiques en faisant Ă©chouer les protagonistes sur une Ăźle dĂ©serte habitĂ©e par des cannibales. Cela offre une identitĂ© propre Ă  cet album et permet Ă  notre curiositĂ© d’ĂȘtre une nouvelle fois alimentĂ©e.

Des trames secondaires qui rendent la lecture dense et passionnante.

Une des forces du scĂ©nario est qu’il arrive Ă  faire cohabiter un grand nombre de personnages tous en interaction bien que se trouvant parfois Ă  des endroits trĂšs diffĂ©rents au mĂȘme moment. Cela fait nombre beaucoup de trames secondaires qui rendent la lecture dense et passionnante. Ayroles arrive Ă  doser parfaitement la place laissĂ©e Ă  chacune de ses intrigues. La dissociation gĂ©ographique des protagonistes permet Ă  chacun de trouver une place et un rĂŽle. On se familiarise donc aisĂ©ment avec chacun et aucun ne nous laisse indiffĂ©rent. On est rĂ©ellement l’impression d’ĂȘtre plongĂ© dans une aventure Ă  grande ampleur qui ne souffle d’aucun temps mort.

decapeetdecrocs3bEn plus de se montrer dense, le scĂ©nario est Ă©galement plein de surprises. MĂȘme si trĂ©sor, Ăźle dĂ©serte, pirates ou jeune fille en dĂ©tresse sont des thĂ©matiques classiques du rĂ©cit d’aventure, cela n’empĂȘche pas les auteurs de nous Ă©tonner rĂ©guliĂšrement. Il va sans dire que je n’ai pas vous les rĂ©vĂ©ler ici. En effet, le plaisir rĂ©side aussi en partie dans la dĂ©couverte. Mais trĂšs souvent on est conquis par l’originalitĂ© qui accompagne notre lecture. L’aisance avec laquelle le scĂ©nariste joue avec ses ingrĂ©dients pour nous offrir un moment succulent est impressionnante. C’est d’autant plus agrĂ©able que les trois premiers opus sont d’une mĂȘme qualitĂ©. Cela tend Ă  confirmer que cette sĂ©rie est d’une qualitĂ© rare. Concernant les choses qui ne changent pas et qu’on apprĂ©cie, il faudrait parler des dialogues. Le travail sur les textes est impressionnant. Je n’ai pas souvenir d’avoir autant succombĂ© aux charmes littĂ©raires d’un album de bande dessinĂ©es.

Toutes ces bonnes idĂ©es et ces aventures sont mises en valeur par le trait du dessin de Jean-Luc Masbou. Il possĂšde un style assez caractĂ©ristique qui correspond parfaitement Ă  l’atmosphĂšre qui se dĂ©gage de la sĂ©rie. Il offre des planches trĂšs dense tant au niveau des dĂ©cors que des personnages. L’univers dans lequel on navigue est habilement construite sur le plan graphique. De plus, les diffĂ©rents personnages possĂšdent une rĂ©elle identitĂ©. De plus, le cĂŽtĂ© thĂ©Ăątrale des propose est bien mise en valeur par les postures prises par les protagonistes lors de leurs tirades ou au cours de leurs Ă©vĂ©nements. Les couleurs sont relativement pastelles et participent Ă  l’immersion dans cet univers assez unique.

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En conclusion, « L’archipel du danger » est une belle rĂ©ussite. Chaque plongĂ©e dans l’aventure crĂ©Ă©e par Ayroles et Masbou est un grand moment de bonheur dont on apprĂ©cie chaque dĂ©tail. La qualitĂ© constante dans leur travail fait qu’on peut apprĂ©hender avec appĂ©tit la lecture des tomes suivants Ă  commencer par celle du quatriĂšme opus intitulĂ© « Le mystĂšre de l’üle Ă©trange ». Mais cela est une autre histoire


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Note : 17/20

De cape et de crocs, T2 : Pavillon noir ! – Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

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Titre : De cape et de crocs, T2 : Pavillon noir !
Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou
Parution : Mai 1997


« Pavillon noir ! » est le deuxiĂšme tome de « De Cape et de Crocs ». Cette saga composĂ©e de dix albums a vu le jour il y a plus de quinze ans et s’est conclue rĂ©cemment. Le premier ouvrage m’avait conquis sur tous les plans. J’étais donc impatient de me plonger Ă  nouveau dans cet univers. EditĂ© chez Delcourt dans la collection « Terres de LĂ©gendes », ce bouquin est scĂ©narisĂ© par Alain Ayroles et dessinĂ© par Jean-Luc Masbou. Son prix avoisine quatorze euros. La couverture nous plonge dans l’univers de la piraterie. On se trouve sur le pont d’un bateau rempli de pirates. VoilĂ  qui promet de belles aventures !

La quatriĂšme de couverture nous prĂ©sente le texte suivant : « Hildalgo, corsaire barbaresque, gentilhomme et lapin font voile vers les Ăźles Tangerines et leur trĂ©sor. Mais avant d’atteindre le mythique archipel battu par les tempĂȘtes, oĂč rode l’ombre de vaisseaux engloutis et de monstres marins, nos hardis compagnons devront affronter un nouvel adversaire
 joyeux, certes, mais cruel et sans merci : les pirates ! »

Des duels, de l’amour, un trĂ©sor


Le premier nous avait offert le dĂ©but d’une grande saga. Il y avait des duels, de l’amour, un trĂ©sor
 Bref, il ne manquait aucun ingrĂ©dient pour gĂ©nĂ©rer une trame passionnante. De plus, on avait rencontrĂ© une galerie de personnages dense et variĂ©e qui ne faisait qu’attiser notre attrait. La couverture de l’album donne l’impression qu’elle va ajouter la piraterie aux nombreuses cordes de l’intrigue. J’étais donc vraiment curieux de savoir ce qu’allait devenir nos hĂ©ros et de quelle maniĂšre allait avancer leur quĂȘte du trĂ©sor des Ăźles Tangerines.

decapeetdecrocs2aLe fil conducteur de l’histoire est la recherche de ce fameux trĂ©sor en suivant une carte dĂ©couverte dans une bouteille. Cet aspect est habilement construit dans le scĂ©nario d’Alain Ayroles. Les Ă©vĂ©nements se succĂšdent Ă  un rythme soutenu et les surprises sont nombreuses. Notre attention est en permanence relancĂ©e pour notre plus grand plaisir. Mais la richesse de cette saga rĂ©side dans les nombreuses trames secondaires qui accompagnent notre lecture. Il y a des histoires d’amour contrariĂ©es, des vengeances sous-jacentes, des manigances, etc. Chaque moment modifie bon nombre de variable et nous oblige Ă  nous impliquer pleinement dans l’histoire. L’album ne souffre d’aucun temps mort. A l’image de l’opus prĂ©cĂ©dent, la qualitĂ© est au rendez-vous et c’est agrĂ©able de voir que les auteurs ne se sont pas endormis sur leurs lauriers.

Le scĂ©nario ne se contente pas de nous offrir une histoire passionnante. Il nous fait rencontrer des personnages hauts en couleur. On s’intĂ©resse rĂ©ellement Ă  leur devenir et aucun ne nous laisse indiffĂ©rent. Que ce soit le renard, le loup ou le lapin, il nous sont sympathiques et apportent chacun leur Ă©co Ă  la rĂ©ussite de l’ensemble. MĂȘme les mĂ©chants nous intĂ©ressent. Ils possĂšdent une personnalitĂ© originale. Sans vous dĂ©voiler les qualitĂ©s et les dĂ©fauts de chacun, sachez que vous irez de surprise en surprise et que vous prendrez beaucoup de plaisir Ă  naviguer dans cet univers intriguant.

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L’histoire est prenante, les personnages attachants
 Mais la liste des qualitĂ©s de cet album n’est pas terminĂ©e. Les dialogues sont assez uniques dans leur genre. On a droit Ă  de grandes tirades thĂ©Ăątrales qui sont des petits bijoux d’écriture. Mais au-delĂ  de ces monologues remarquables, chaque dialogue est travaillĂ©. Aucun Ă©change n’est bĂąclĂ© et chaque case nous offre un petit bonheur de lecture. Une telle densitĂ© scĂ©naristique est rare dans le neuviĂšme art. Je me dois donc de la signaler.

Les dessins sont dans la lignĂ©e de tous les bons points citĂ©s depuis le dĂ©but de ma critique. Vu de loin, le style n’a rien d’original. Mais une fois qu’on se plonge dans la lecture, on lui trouve une patte particuliĂšre. N’étant pas spĂ©cialiste du genre, je ne possĂšde pas le vocabulaire adĂ©quat pour vous dĂ©crire l’essence du style de Jean-Luc Masbou. NĂ©anmoins, je trouve qu’il arrive Ă  gĂ©nĂ©rer une vraie atmosphĂšre Ă  l’album. Ils nous prĂ©sentent des personnages trĂšs expressifs. Cela coĂŻncide avec l’esprit « thĂ©Ăątre » de la sĂ©rie. De plus, les dĂ©cors sont trĂšs travaillĂ©s. Sans ĂȘtre surchargĂ©s, ils sont remplis de petits dĂ©tails souvent drĂŽles. C’est un dosage compliquĂ© d’offrir autant d’informations dans les cases sans tomber dans l’indigestion. Masbou s’en sort merveilleusement.

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En conclusion, « Pavillon noir ! » confirme que « De Cape et de crocs » est amenĂ© Ă  devenir une sĂ©rie de grande qualitĂ©. Cet album possĂšde beaucoup de qualitĂ©s et n’a aucun dĂ©faut. Il va donc sans dire que j’ai hĂąte de lire le troisiĂšme opus intitulĂ© « L’archipel du danger ». Mais cela est une autre histoire
 

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Note : 17/20

De cape et de crocs, T1 : Le secret du janissaire – Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

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Titre : De cape et de crocs, T1 : Le secret du janissaire
Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou
Parution : Novembre 1995


« De Cape et de crocs » est une sĂ©rie qui s’est close rĂ©cemment avec la parution de son dixiĂšme et dernier tome. Cela a fait naitre en moi l’envie de redĂ©couvrir cette grande saga du neuviĂšme art en commençant par son premier opus intitulĂ© « Le secret du janissaire ». Il faut remonter huit ans en arriĂšre pour dĂ©couvrir la premiĂšre parution de cet ouvrage chez Delcourt. On peut se l’offrir pour un petit peu moins de quatorze euros. Alain Ayroles s’occupe du scĂ©nario et Jean-Luc Masbou se charge des dessins. La couverture nous plonge dans une atmosphĂšre nocturne. Deux personnages vĂȘtus tels des mousquetaires cachent leur visage avec leur cape. L’un semble ĂȘtre un loup, l’autre semble ĂȘtre un renard. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Il ne reste plus qu’Ă  se plonger dans la lecture pour le dĂ©couvrir…

La quatriĂšme de couverture nous prĂ©sente les mots suivants : « A bord d’un vaisseau turc, un coffre. Dans le coffre, un Ă©crin, dans l’Ă©crin, une bouteille, dans la bouteille, une carte, et sur cette carte… l’emplacement du fabuleux trĂ©sor des Ăźles Tangerines !… Il n’en faut pas plus Ă  deux fiers gentilshommes, fins bretteurs, batailleurs et rimailleurs, pour se jeter dans une aventure qui, de geĂŽles en galĂšres, les mĂšnera jusqu’aux confins du monde. »

decapeetdecrocs1aL’histoire exerce rapidement une emprise sur le lecteur. DĂšs les premiĂšres pages, on s’attache Ă  notre duo de hĂ©ros. Le premier, un loup, est un bel hidalgo nommĂ© Don Lope. Le second, un renard, est un adepte de la poĂ©sie nommĂ© Don Armando. La prĂ©sentation est rapide et notre immersion dans leurs aventures immĂ©diates. On y fera un grand nombre de rencontres avec des personnages trĂšs diffĂ©rents. On dĂ©couvre un armateur avare, pĂšre d’un fils fainĂ©ant et peureux. On croise le chemin d’une belle gitane et d’une jeune femme blonde et orpheline qui feront chavirer les cƓurs de nos deux gentilshommes. Enfin on dĂ©couvrira un curieux lapin sur des galĂšres et un fier guerrier ottoman en quĂȘte de trĂ©sor. Bref, les ingrĂ©dients sont appĂ©tissants et devraient faire naitre une lecture des plus plaisantes…

On entre tout de suite dans le vif du sujet.

Pour que la rĂ©ussite soit totale, il fallait que cette galerie de protagonistes gravite dans un scĂ©nario dense et bien construit. On est rapidement rassurĂ© sur ce plan-lĂ . Les auteurs ne se perdent pas en digression pour nous prĂ©senter les jalons de la saga. On entre tout de suite dans le vif du sujet. On voit naitre deux histoires d’amour. On dĂ©couvre une tentative de chantage. Et surtout, une chasse au trĂ©sor Ă  grande ampleur semble ĂȘtre en passe d’ĂȘtre lancĂ©. On est heureux de se trouver sur ces navires en quĂȘte du mythe des iles Tangerines sur les mers. Une fois l’album terminĂ©, on a une intense envie de se plonger dans le tome suivant.decapeetdecrocs1b

Au-delĂ  de suspense inhĂ©rent aux diffĂ©rentes Ă©preuves qui se mettent sur le chemin de nos hĂ©ros, le plaisir que se dĂ©gage de ce tome rĂ©side dans la qualitĂ© des dialogues. Je n’ai pas le souvenir d’avoir lu rĂ©cemment une telle densitĂ© et originalitĂ© dans les textes. Beaucoup de bulles sont cultes. Voir nos hĂ©ros parler en rimes est le fruit d’un travail Ă©norme. Le rĂ©sultat est au rendez-vous. Il faut plusieurs lectures pour profiter pleinement de tous les jeux de mots offerts par le talent d’Alain Ayroles. Je me garde de vous citer quelques exemples car le plaisir rĂ©side Ă©galement dans la dĂ©couverte et la surprise.

CĂŽtĂ© dessins, je trouve que la rĂ©ussite est Ă©galement au rendez-vous. Jean-Luc Masbou offre des cases denses sans ĂȘtre surchargĂ©es. Ils gĂšrent particuliĂšrement bien les diffĂ©rentes entre premier plan, second plan et arriĂšre-plan. Cette subtilitĂ© lui permet d’agrĂ©menter ses planches de plein de petits dĂ©tails qu’on prend plaisir Ă  trouver au grĂ© des lectures. De plus, les personnages possĂšdent une identitĂ© graphique intĂ©ressante. Leurs expressions trĂšs thĂ©Ăątrales gĂ©nĂšrent une atmosphĂšre vraiment unique qui caractĂ©rise la sĂ©rie.

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En conclusion, « Le secret du janissaire » est une genĂšse de grande qualitĂ© qui explique aisĂ©ment le succĂšs que rencontre « De Cape et de Crocs » presque dix ans plus tard. Je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans cet ouvrage et par consĂ©quent dans cette sĂ©rie. Vous ne regretterez pas ce voyage synonyme de grand dĂ©paysement. De mon cĂŽtĂ©, il ne me reste plus qu’Ă  partir une nouvelle fois Ă  la dĂ©couvre du deuxiĂšme tome intitulĂ© « Pavillon noir ». Mais cela est une autre histoire… 

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Note : 17/20

Pierre Tombal, T30 : Questions de vie ou de mort – Raoul Cauvin & Marc Hardy

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Titre : Pierre Tombal, T30 : Questions de vie ou de mort
Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Marc Hardy
Parution : Avril 2014


Pierre Tombal est un hĂ©ros qui est nĂ© pour moi dans la bibliothĂšque de mes parents. J’ai lu et relu la petite quinzaine d’album du cĂ©lĂšbre fossoyeur qui agrĂ©mentait les Ă©tagĂšres familiales. Les annĂ©es passant, je n’ai jamais coupĂ© le lien avec ce hĂ©ros assez unique dans son genre. Je m’offre rĂ©guliĂšrement un recueil de ses aventures comme on s’autoriserait une jolie pĂątisserie au dĂ©tour d’une rue. Le dernier des Ă©pisodes que je me suis offert est le trentiĂšme de la sĂ©rie. Il s’intitule « Questions de vie et de mort ». Sorti en avril dernier, il est l’Ɠuvre conjointe du scĂ©nariste Raoul Cauvin et du dessinateur Marc Hardy. Les couleurs sont confiĂ©es au Studio Cerise.

Le site BD Gest’ (www.bdgest.com) prĂ©sente l’album avec les mots suivants : « Qui a dit qu’avec la mort, tout s’arrĂȘte ? Certainement pas Pierre Tombal, qui gĂšre au quotidien ses pensionnaires du cimetiĂšre avec leurs hauts, leurs bas, leurs doutes et leurs chamailleries. PerpĂ©tuellement taquinĂ©e par la Vie, Mme la Mort n’entend pas cĂ©der un pouce de terrain aux effronteries des uns et des autres. ƒil pour Ɠil, dent pour dent, telle est sa devise ! Et ce n’est pas toujours de tout repos  » 

PierreTombal30aPierre Tombal est fossoyeur. Nous partageons son quotidien tout au long des quarante-cinq planches qui se dĂ©coupent en gags allant chacun de une Ă  trois pages. Les auteurs nous font visiter un cimetiĂšre tout au long de la lecture. Les rencontres sont nĂ©cessairement originales et cocasses. Je trouve l’idĂ©e inĂ©dite et habilement exploitĂ©e depuis tant d’annĂ©es. J’étais confiant quant au bonheur que m’inspirerait ce nouveau tome.

Pourquoi construire une sĂ©rie humoristique au milieu des tombes funĂ©raires ? Ce sont des lieux gĂ©nĂ©ralement associĂ©s Ă  la douleur, la tristesse, l’abandon ou la perte. Les blagues s’appuient rarement sur cet endroit-lĂ  et les comĂ©dies naviguent peu dans ces eaux. Cela rend l’idĂ©e intrigante et intĂ©ressante. Elle attise la curiositĂ©. Le potentiel comique du concept Ă©tait nĂ©buleux mais le jeu mĂ©ritait d’ĂȘtre tentĂ©. La plume de Raoul Cauvin allait valider ce choix. La premiĂšre rĂ©ussite est son hĂ©ros. Pierre Tombal est un fossoyeur sympathique et attachant. Il se montre accueillant envers le lecteur. Ce n’est pas la moindre des qualitĂ©s tant elle semble antinomique des dĂ©cors qui l’abritent. Il arrive Ă  rendre son mĂ©tier passionnant et plein d’aventures.

“La Faucheuse devient la vraie star de l’histoire. “

Les premiers tomes se contenaient au monde des vivants. Au fur et Ă  mesure de la parution des albums, d’autres protagonistes sont intervenus. Les premiers Ă  entrer dans la danse sont les locataires des lieux : les morts. Ils interagissent avec le fossoyeur et les visiteurs et font ainsi naĂźtre une corde scĂ©naristique riche. Enfin, les auteurs ont personnalisĂ© la Mort et la Vie. L’idĂ©e est prenante car la Faucheuse devient mĂȘme la vraie star de l’histoire.

PierreTombal30cCette diversitĂ© d’angles d’attaque permet de varier la structure des gags. A ce niveau-lĂ , ce trentiĂšme opus est une rĂ©ussite. Depuis toujours, Pierre Tombal conte aux visiteurs de son cimetiĂšre des causes ou des circonstances de dĂ©cĂšs abracadabrantesques. L’imagination de Cauvin dans le domaine n’est pas Ă©culĂ©e. Il offre des anecdotes trĂšs drĂŽles mettant en jeu un accident d’avion ou une manƓuvre de Heimlich par exemple. Mais la vie dans ce lieu de repos Ă©ternel ne se rĂ©sume Ă  cela. La dimension professionnelle du fossoyeur est utilisĂ©e pour nous faire rire. Le vidage de l’ossuaire devient un moment trĂšs plaisant pour le lecteur.

Une sociĂ©tĂ© de l’au-delĂ  identique Ă  celle des vivants.

Mais les auteurs ne se contentent d’exploiter le lieu du cĂŽtĂ© des vivants. Les morts sont les vraies stars de cet album. Un des principes de base posĂ© par le scĂ©nariste est que la sociĂ©tĂ© de l’au-delĂ  est rĂ©gie d’une maniĂšre identique que celle qui nous est familiĂšre. Il est dĂ©sopilant de voir un mort refusĂ© de voir sa tombe dĂ©localisĂ©e, de subir les excĂšs d’un mort internĂ© psychiatrique ou de dĂ©couvrir la maniĂšre utilisĂ©e par un dĂ©funt pour rĂ©pondre Ă  son courrier. LĂ  encore, le terreau narratif s’avĂšre trĂšs fertile.

Il reste un dernier axe comique Ă  l’aura certaine : la Mort. MĂȘme si elle cohabite avec la Vie dans le quotidien de Pierre Tombal, c’est elle qui est la vraie star. Il faut dure que la dĂ©couvrir sous sa capuche brune escortĂ©e de sa lĂ©gendaire faux gĂ©nĂšre une plus forte personnalitĂ© que la jeune fille qui reprĂ©sente la Vie. Tout en conservant son pouvoir de nuisance certain, la grande faucheuse possĂšde ici des faiblesses. Cet album l’expose dĂ©pressive, jalouse, heureuse, dans le doute, reconnaissante, mĂ©chante
 Bref, l’échantillon Ă©motionnel est large et prĂ©sente une vision des plus originales de la Mort. Cet axe est parfaitement cultivĂ© dans « Questions de vie et de mort » pour la plus grande joie du lecteur.

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Le dessin de Marc Hardy accompagne merveilleusement les gags. Son style possĂšde une vraie identitĂ© et il se retrouve qu’elle s’accorde avec le ton de la narration. Pierre Tombal est un hĂ©ros au caractĂšre graphique certain. Les diffĂ©rents visiteurs qui agrĂ©mentent les histoires sont Ă©galement bien construits. Enfin, j’apprĂ©cie particuliĂšrement les expressions des morts que je trouve hilarantes. Pour conclure, « Questions de vie et de mort » est un bon cru. Il est rare de voir un album composĂ© de gags courts ĂȘtre d’une qualitĂ© constante. C’était un plaisir de la lire et ce sera une joie de s’y replonger Ă  l’occasion


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Note : 14/20

Le siĂšcle des ombres, T5 : La trahison – Eric Corbeyran & Michel Suro

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Titre : Le siĂšcle des ombres, T5 : La trahison
Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Michel Suro
Parution : Mars 2014


« Le chant des stryges » est un univers crĂ©Ă© par Eric Corbeyran. Ce thriller fantastique s’étale sur une quinzaine d’albums dĂ©composĂ©s en trois saisons. Je suis un grand fan de cette aventure aux arcanes complexes. Mais ce projet ne s’arrĂȘte pas Ă  cette sĂ©rie. Des sagas cousines sont nĂ©es telles que « Le clan des chimĂšres » ou « Le MaĂźtre de jeu ».  De qualitĂ©, elles ont dĂ©veloppĂ© l’univers de ses grands monstres ailĂ©s que sont les stryges. La derniĂšre-nĂ©e s’intitule « Le SiĂšcle des ombres ». Elle aussi scĂ©narisĂ©e par Eric Corbeyran, elle est dessinĂ©e par Michel Suro dĂ©jĂ  Ă  l’Ɠuvre dans « Le clan des chimĂšres ». Cette histoire vient de voir paraĂźtre son cinquiĂšme Ă©pisode il y a quelques mois. Cet album, Ă©ditĂ© chez Delcourt, s’intitule « La trahison ».

« 1751. Quelques dĂ©cennies avant la RĂ©volution française, un vent d’idĂ©es nouvelles souffle Ă  travers l’Europe. Un vent de progrĂšs et de liberté  Mais au cƓur de ce SiĂšcle des lumiĂšres, la dĂ©couverte d’une Ă©trange mĂ©tĂ©orite Ă  l’autre bout du monde ravive de vieux antagonismes. Au service du cardinal d’OrciĂšres, Cylinia et Abeau de Roquebrune se lancent alors aux trousses du baron d’Holbach, philosophe et encyclopĂ©diste Ă©clairĂ©, qu’ils soupçonnent d’ĂȘtre insaisissable Sandor G. Weltman. Cette traque se double d’une lutte acharnĂ©e pour la possession de cette pierre aux mystĂ©rieux pouvoirs  »

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Prioritairement, « Le siĂšcle des ombres » s’adresse aux lecteurs assidus de « Le chant des stryges ». L’histoire s’insĂšre chronologiquement entre « Le clan des chimĂšres » et la sĂ©rie mĂšre. Elle permet de retrouver des personnages connus tels que Weltman, Cylinia et Abeau. MalgrĂ©, un lecteur qui dĂ©couvrirait l’univers des Stryges Ă  travers cette sĂ©rie ne sera pas totalement perdu. En effet, l’intrigue s’avĂšre finalement assez indĂ©pendante.

La trame se dĂ©roule au dix-huitiĂšme siĂšcle durant le siĂšcle des LumiĂšres. Les premiĂšres avaient bien exploitĂ©es la dimension historique et philosophique de l’époque. D’Holbach est un proche de Diderot ou Rousseau. Il participe Ă  la rĂ©daction de l’EncyclopĂ©die. Son opposition idĂ©ologique avec les instances religieuses de l’Eglise est exploitĂ©e par le scĂ©nario. Je trouvais cet aspect trĂšs intĂ©ressant. L’immersion dans la pĂ©riode historique ne se rĂ©duit pas Ă  sa dimension politique. Il est dommage que cette richesse soit moins prĂ©sente dans ce dernier opus. La narration s’y centre exclusivement sur l’opposition entre Cylinia et d’Holbach. Le choix de ne pas laisser de place importante aux philosophes et aux pontes chrĂ©tiens est regrettable de mon point de vue. Leur prĂ©sence et leurs Ă©changes participaient au rĂ©alisme du voyage temporel que nous offrait « Le siĂšcle des ombres ».

“Le dĂ©roulĂ© des Ă©vĂ©nements apparaĂźt diluĂ©.”

LeSiecleDesOmbres5bConcernant l’avancĂ©e de la trame, j’avais notĂ© un ralentissement du rythme dans le tome prĂ©cĂ©dent. J’espĂ©rais donc que ce nouvel acte reprenne la vitesse de croisiĂšre qui habitait les trois opus initiaux. HĂ©las, je dois dire que l’heure Ă©tait plus Ă  la dĂ©cĂ©lĂ©ration qu’à l’accĂ©lĂ©ration. Le dĂ©roulĂ© des Ă©vĂ©nements m’apparaĂźt diluĂ©. Certaines planches auraient gagnĂ© Ă  ĂȘtre raccourcies. Elles n’apportent pas grand-chose Ă  l’atmosphĂšre de la narration et ne font pas du tout avancer le propos. En poussant Ă  l’extrĂȘme mon sentiment, j’ai tendance Ă  croire que les deux derniers tomes n’auraient pu en faire qu’un sans que l’histoire soit Ă©dulcorĂ©e. Cela aurait densifiĂ© le scĂ©nario et aurait ainsi maintenu mon attention plus concentrĂ©e sur la durĂ©e.

En lisant une critique sur le site www.planetebd.com, j’ai appris que ce cycle doit se composer de six tomes. J’en dĂ©duis logiquement que « La trahison » en est donc l’avant-dernier. Cela peut expliquer le ton de cet opus. A dĂ©faut de faire vivre une succession de rebondissements et de rĂ©vĂ©lations, il a tendance Ă  remettre toutes les piĂšces de l’intrigue en place. Les objectifs des uns et des autres sont clarifiĂ©s et tout ce beau monde semble se prĂ©parer pour la lutte finale. Ce choix est cohĂ©rent et classique. Mon regret est qu’il y ait eu besoin de quarante-huit planches pour que la situation s’éclaire.

LeSiecleDesOmbres5cLes dessins sont l’Ɠuvre de Michel Suro. Comme je l’ai dit prĂ©cĂ©demment, il avait dĂ©jĂ  illustrĂ© « Le clan des chimĂšres ». A l’époque, je n’étais pas tombĂ© sous le charme de son trait auquel j’étais peu sensible. Ce sentiment peut s’expliquer par la rupture graphique qu’il offrait Ă  l’univers par rapport au style de Richard GuĂ©rineau en charge des planches de « Le chant des stryges ». A priori, mes goĂ»ts artistiques ont Ă©voluĂ© car son travail sur « Le siĂšcle des ombres » et particuliĂšrement « La trahison » ne m’a pas dĂ©rangĂ©. Au contraire, je trouve qu’il accompagne agrĂ©ablement la lecture. Je ne peux pas dire que je sois tombĂ© sous le charme de certaines de son Ɠuvre mais je lui reconnais un vrai talent pour crĂ©er des dĂ©cors et des personnages. De plus, il est autant Ă  l’aise dans des scĂšnes de dialogues que d’action. C’est apprĂ©ciable car cette sĂ©rie alterne les deux de maniĂšre Ă©quivalente.

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Au final, mon sentiment en refermant l’ouvrage est mitigĂ©. J’ai pris plaisir Ă  retrouver les personnages et Ă  voir avancer la trame. NĂ©anmoins, je suis frustrĂ© par la sensation de statu quo de la situation et par la mise en retrait des aspects philosophiques et religieux des dĂ©bats. MalgrĂ© tout, cela ne m’empĂȘchera pas de guetter la sortie du prochain et dernier tome qui devrait rĂ©pondre Ă  bon nombre de questions et Ă©clairer les zones d’ombre qui accompagnent les Stryges. Mais cela est une autre histoire


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Note : 11/20

Le siĂšcle des ombres, T4 : La sorciĂšre – Eric Corbeyran & Michel Suro

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Titre : Le siĂšcle des ombres, T4 : La sorciĂšre
Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Michel Suro
Parution : Janvier 2013


Les Stryges sont des bestioles imaginĂ©es par Eric Corbeyran il y a un petit peu plus de dix ans. Tout a commencĂ© par la sĂ©rie originale « Le chant des stryges ». Par la suite, sont apparues « Le maitre de jeu » et « Le clan des chimĂšres ». La derniĂšre naissance dans cet univers est celle de « Le siĂšcle des ombres » en 2009. Son quatriĂšme opus est paru au dĂ©but du mois de janvier. Son titre est « La sorciĂšre ». EditĂ© chez Delcourt dans la collection Machination, son prix avoisine quatorze euros. Pour cette saga, le cĂ©lĂšbre scĂ©nariste s’est associĂ© Ă  Michel Suro pour les dessins et Dimitri Fogolin pour les couleurs.

lesiecledesombres4bAvant d’entrer pleinement dans la critique de cet album, je vais expliquer rapidement aux nĂ©ophytes ce qu’est un stryge. Il s’agit de grandes bĂȘtes ailĂ©es qui vivraient dans l’ombre de l’humanitĂ© depuis toujours. Elles sont le garant de toutes les connaissances de l’univers. Elles ont Ă©tĂ© amenĂ©es Ă  confier une partie de leur savoir Ă  Sandor Weltman. Devenu immortel, ce dernier s’exonĂšre de leur domination. On dĂ©couvre donc Cylinia et Abeau, dĂ©couverts dans « Le clan des chimĂšres » partir Ă  sa recherche en tant qu’alliĂ©s des Stryges


Je ne vous cache qu’il me parait plutĂŽt intĂ©ressant d’avoir lu les diffĂ©rentes sĂ©ries prĂ©cĂ©demment citĂ©es pour profiter pleinement de cette aventure. PostĂ©rieur Ă  « Le clan des chimĂšres » et antĂ©rieur Ă  « Le chant des stryges », « Le siĂšcle des ombres » est Ă  un croisement intĂ©ressant pour les adeptes de cet univers. L’immersion dans l’histoire Ă©tait relativement rapide dans les premiers opus. Le rythme de narration Ă©tait soutenu et les Ă©vĂ©nements se succĂ©der Ă  un rythme effrĂ©nĂ©. NĂ©anmoins, j’étais curieux de savoir oĂč nous menait cette sĂ©rie. Pour l’instant, on assiste uniquement Ă  une course poursuite parsemĂ©e de rĂ©vĂ©lation. J’aimerais voir s’éclaircir l’objectif final de tout cela.

Les scÚnes se succédent de maniÚre quasiment indépendante.

lesiecledesombres4cIl s’est dĂ©roulĂ© quinze ans depuis le dĂ©nouement du tome prĂ©cĂ©dent. Weltman est obsĂ©dĂ© par la rĂ©vĂ©lation que lui a faite Cylinia. Elle attendait un enfant de lui et suite Ă  son accouchement, elle a confiĂ© le petit au monde des fĂ©es. On dĂ©couvre Ă©galement davantage la jolie Donessa, dĂ©vouĂ© Ă  Weltman et Ă  peine entrevue jusqu’alors. L’attrait de la narration rĂ©side Ă©galement dans une quantitĂ© relativement importante de flashback. Ce n’est pas dĂ©sagrĂ©able car cela dĂ©sassombrit certaines choses. Cela densifie Ă©galement le propos. A contrario, cela nous donne l’impression de peu voir avancer l’histoire. De plus, l’intrigue voit naĂźtre un sentiment brouillon. On voit les scĂšnes se succĂ©der de maniĂšre quasiment indĂ©pendante. Je regrette un certain manque de liant entre tout cela. Par contre, la quantitĂ© d’informations  contenues dans cet ouvrage laisse prĂ©sager une accĂ©lĂ©ration de l’histoire au cours des prochains Ă©pisodes.

La lecture offre un plaisir intĂ©ressant en nous immergeant dans le siĂšcle des LumiĂšres. On dĂ©couvre cette Ă©poque avec un plaisir certain. Le personnage de Weltman se trouve au centre de ce mouvement. Il participe Ă  la rĂ©daction de l’EncyclopĂ©die, il cĂŽtoie Diderot ou Rousseau. Cet aspect fait du fugitif un personnage aux multiples facettes qui ne laisse pas le lecteur indiffĂ©rent. Au grĂ© des Ă©vĂ©nements, notre cƓur balance entre les suiveurs et le suivi. Les dessins de Suro sont d’une qualitĂ© correcte. On n’a aucun mal Ă  s’approprier les personnages. Les dĂ©cors sont suffisamment travaillĂ©s pour qu’on n’ait aucun mal Ă  se sentir dĂ©paysĂ©. NĂ©anmoins, je ne peux pas dire que son trait transcende la narration. Elle l’accompagne avec talent, ce n’est dĂ©jĂ  pas si mal.

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En conclusion, « La sorciĂšre » poursuit avec honnĂȘtetĂ© les quĂȘtes des uns et des autres. Les stryges et le monde des fĂ©es apparaissent davantage et offre une dimension Ă  l’ensemble. Il faudra espĂ©rer que la suite fasse pleinement pousser ces graines plantĂ©es. Pour cela, il faudra attendre la parution du cinquiĂšme tome. Mais cela est une autre histoire


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Note : 13/20

Le SiĂšcle des Ombres, T3 : Le Fanatique – Eric Corbeyran & Michel Suro

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Titre : Le SiĂšcle des Ombres, T3 : Le Fanatique
Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Michel Suro
Parution : Janvier 2012


« Le Fanatique » est le troisiĂšme tome de « Le siĂšcle des ombres ». Cette sĂ©rie est scĂ©narisĂ©e par Eric Corbeyran et dessinĂ©e par Luca Malisan. Elle s’inscrit dans l’univers des Stryges comme « Le chant des Stryges », « Le maitre de jeu » et « Le clan des chimĂšres ». Je possĂšde l’intĂ©gralitĂ© des tomes parus dans ce monde et guette chaque nouvelle arrivĂ©e dans les librairies. « Le Fanatique » est sorti rĂ©cemment dans les bacs. EditĂ© chez Delcourt, il est d’un format classique et l’histoire se dĂ©roule sur presque cinquante pages. La couverture nous prĂ©sente le baron d’Olbach en train de fuir un navire en flamme. Pour cela il pĂ©nĂštre dans une espĂšce de sous-marin sphĂ©rique. Il restait donc Ă  se plonger dans la lecture pour connaitre les mĂ©saventures qui arrivent Ă  ce cher baron


La quatriĂšme de couverture nous prĂ©sente la sĂ©rie avec les mots suivants : « 1751. Quelques dĂ©cennies avant la RĂ©volution française, un vent d’idĂ©es nouvelles souffle Ă  travers l’Europe. Un vent de progrĂšs et de liberté  Mais au cƓur de ce siĂšcle des lumiĂšres, la dĂ©couverte d’une Ă©trange mĂ©tĂ©orite Ă  l’autre bout du monde ravive de vieux antagonismes. Au service du cardinal d’OrciĂšres, Cylinia et Abeau de Roquebrune se lancent alors aux trousses du baron d’Holbach, philosophe et encyclopĂ©diste Ă©clairĂ©, qu’ils soupçonnent d’ĂȘtre l’insaisissable Sandor G. Weltman. Cette traque se double d’une lutte acharnĂ©e pour la possession de cette pierre aux mystĂ©rieux pouvoirs
 »

lesiecledesombres3aL’histoire se dĂ©roule au dix-huitiĂšme siĂšcle. Il s’agissait d’un des attraits de la sĂ©rie car j’ai rarement lu des aventures se dĂ©roulant Ă  cette Ă©poque-lĂ . L’originalitĂ© est d’autant plus forte que rare est l’insertion du fantastique dans cet univers. Cet apport est savamment dosĂ© et offre une intrigue bien construite. Il me parait assez intĂ©ressant d’avoir lu au moins « Le chant des stryges » pour maĂźtriser les tenants et les aboutissants de la trame. Quelques prĂ©requis m’apparaissent nĂ©cessaires pour maĂźtriser les sous-entendus entre certains des personnages principaux.

“La richesse du personnage prend une rĂ©elle ampleur dans cet ouvrage.”

Les deux premiers albums se dĂ©roulaient en grande partie en AmĂ©rique du Sud. On y avait trouvĂ© une pierre aux vertus intrigantes. Les pĂ©rĂ©grinations des protagonistes nous avaient amenĂ© Ă  faire des dĂ©couvertes qui ne laissaient pas indiffĂ©rent. A la fin du prĂ©cĂ©dent opus, il Ă©tait l’heure de rentrer en Europe. La consĂ©quence est que « Le fanatique » se dĂ©roule sur le Vieux Continent. Cet opus se construit essentiellement autour du personnage du baron d’Holbach. C’est assez passionnant pour le lecteur que je suis lesiecledesombres3bpour une raison simple. D’Holbach est un personnage obscur dans « Le chant des stryges ». Il existe parce qu’il est Ă©voquĂ© mais on ne le voit jamais. On a Ă©tĂ© frustrĂ© de ne jamais le croiser pendant des pages et des pages. Le fait de le cĂŽtoyer aussi aisĂ©ment dans « Le SiĂšcle des ombres » fait qu’on est vraiment curieux de tout ce qu’il peut nous apprendre. La richesse du personnage prend une rĂ©elle ampleur dans ce troisiĂšme ouvrage. On le dĂ©couvre en bienfaiteur des sciences vivant pour un idĂ©al humaniste. On partage bon nombre de ses pensĂ©es et de ses rĂ©flexions. On est curieux de se sentir de son cĂŽtĂ© aprĂšs l’avoir considĂ©rĂ© comme un mĂ©chant depuis des annĂ©es. Ce revirement est original et subtilement dosĂ©.

Les illustrations de Michel Suro sont de bonne qualitĂ©. J’ai dĂ©couvert ce dessinateur dans cette sĂ©rie et je ne le regrette pas. Les personnages sont assez classiques mais ils s’avĂšrent assez dynamiques. Je trouve que le trait n’est pas figĂ© et cela correspond parfaitement Ă  cette quĂȘte Ă©sotĂ©rique. Les diffĂ©rents dĂ©cors sont bien construits et on n’a aucun mal Ă  diffĂ©rencier les diffĂ©rentes destinations que nous font dĂ©couvrir ces aventures. Chaque lieu est habitĂ© d’une ambiance et d’une atmosphĂšre et c’est toujours agrĂ©able. Les couleurs sont appliquĂ©es par Luca Malisan qui offrent une lecture agrĂ©able et divertissante.

En conclusion, « Le Fanatique » offre une suite de qualitĂ© Ă  l’histoire qu’on suit depuis quelques temps maintenant. Le scĂ©nario n’est pas diluĂ©. En effet, on apprend toute une sĂ©rie d’informations intĂ©ressantes. Cela donne une dimension plus bavarde et moins active que dans l’opus prĂ©cĂ©dent. Ce changement de rythme n’est pas gĂȘnant du fait de l’attrait des discours qu’on dĂ©couvre. Je suis donc curieux de connaitre la suite pour savoir jusqu’oĂč ira le jeu du chat et la souris entre d’Holbach et ses chasseurs. Mais cela est une autre histoire
  

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Note : 14/20