L’âge d’or, T1


Titre : L’âge d’or, T1
Scénario : Roxanne Moreil
Dessinateur : Cyril Pedrosa
Parution : Septembre 2018


Cyril Pedrosa m’a toujours frustré. J’aime beaucoup de choses dans son dessin, tout en étant rebuté par d’autres. De plus, ses scénarios ne m’ont jamais emballé, voire ennuyé. « L’âge d’or » était l’occasion de me réconcilier avec l’auteur, puisqu’il ne signait pas l’histoire de cette saga. Pensée en deux tomes de plus de 200 pages par Roxanne Moreil, c’est une série de fantasy parue chez Dupuis dans la collection Aire Libre. Alors, que vaut ce pavé ? Donnera-t-il envie de lire la suite du diptyque ?

Une histoire de fantasy pas si classique ?

Après une introduction d’une vingtaine de pages longuette et bavarde, on entre dans le vif du sujet : le roi se meurt et des complots se fomentent autour pour récupérer le trône. Pourtant, il devrait revenir à Tilda, l’héritière légitime. Tout démarre ainsi façon « Game of Thrones » : trahison, meurtres, exil, désirs de vengeance… La quête de Tilda, après avoir seulement cherché à se libérer, sera de fuir, puis de chercher des alliés. Mais rien n’est si simple…

« L’âge d’or » reprend beaucoup de codes de la fantasy médiévale. J’ai lu que l’on parlait de « fable » pour cette série, mais on n’est bien dans du classique. Une jeune reine déchue, un jeune homme prêt à tout pour l’aider, un vieux mentor qui a vu d’autres… Le chemin est balisé, restait à mettre des obstacles sur leur route. La particularité de l’ouvrage est de mettre l’accent sur un idéal égalitaire, ce qui est plus rarement le cas dans ce genre où le sang bleu a ses vertus. La fibre sociale est bien présente et donne une personnalité à cette quête.

En toute honnêteté, « L’âge d’or » tient surtout sa force de son dessin. Le parti pris de Pedrosa est audacieux. Les couleurs explosent avec un encrage parfois fait de blanc. Cela donne un côté « négatif » au dessin très original. On aime ou pas, le choix est clairement clivant. Je ne suis pas forcément fan du procédé, mais force est de constater que sur la durée, on l’accepte sans peine.

La narration est régulièrement menée par Cyril Pedrosa à la façon moyenâgeuse. Sur une même image, il intègre plusieurs unités de temps (des personnages qui avancent par exemple). Si le procédé rappellerait aujourd’hui la chronophotographie, c’est bien de peinture médiévale dont il est question. Cette façon de raconter une histoire en images est une forme d’ancêtre de la BD. En la réutilisant dans un monde inspiré de cette époque, les auteurs donnent beaucoup de pertinence à ce choix graphique. C’est la belle trouvaille de l’ouvrage. Une trouvaille que l’on pourra citer dans les futures recherches universitaires sur la BD… Utilisé surtout pour de grandes doubles pages, elles ont toujours du sens (en narrant un voyage par exemple) et ne sont pas là que pour épater la galerie.

« L’âge d’or » interpelle le lecteur. Par ses choix graphiques notamment, mais aussi par son histoire classique mais aux accents sociaux marqués (féminisme, égalitarisme…). Cependant, la fin du tome déçoit et nous laisse à penser que les auteurs ne suivront pas l’histoire comme le lecteur aurait pu l’espérer. À suivre…

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